Restauration du pont de Vendeix à La Bourboule

Il y a déjà quelque temps, à l’occasion d’un article sur Valentin Vigneron, je vous avais brièvement parlé d’un autre architecte, Louis Jarrier, auquel l’Auvergne doit beaucoup notamment à Clermont-Ferrand, Le Mont-Dore ou La Bourboule.  

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Il y a déjà quelque temps, à l’occasion d’un article sur Valentin Vigneron, je vous avais brièvement parlé d’un autre architecte, Louis Jarrier, auquel l’Auvergne doit beaucoup notamment à Clermont-Ferrand, Le Mont-Dore ou La Bourboule.

Né en 1862 et mort en 1932, il a été particulièrement prolifique alors qu’il n’avait même pas de diplôme d’architecte en sortant des Beaux-Arts de Paris. Ce n’est pas qu’il l’a raté, c’est qu’il n’était pas encore créé, le diplôme. Ce qui n’empêche pas certaines de ses constructions d’être encore debout et de faire la fierté des populations locales ainsi que l’admiration des touristes de passage.

Vous connaissez sûrement quelques-unes d’entre elles, sans savoir qu’il en est à l’origine. Si à Clermont-Ferrand je vous dis la pharmacie Rochefort ? Non ? Alors la boutique Moinet peut-être un peu plus ?  Vu que c’est la confiserie vichyssoise qui occupe désormais les lieux avec beaucoup de grâce, non loin de la place de la Victoire. La pharmacie Gros ? Non plus ? Alors je vais plutôt vous dire la pharmacie égyptienne place Delille, là tout le monde voit bien. Même si contrairement à la pharmacie Rochefort elle mériterait un autre sort que celui qui est le sien depuis la fermeture de la pharmacie. La façade en mosaïque tombe en morceaux et c’est bien dommage, sans compter les occupants actuels des lieux qui sont bien mal assortis à cet écrin. Bref. A Clermont il y a aussi le Novelty, enfin Le Petit Vélo, à l’intérieur (car pas de façade de l’époque). Au papa de Louis Jarrier, François-Louis Jarrier, on doit notamment (il a été très prolifique aussi) le petit pavillon du jardin Lecoq, côté musée Bargoin, ainsi que le petit pont au-dessus de la pièce d’eau.

Louis Jarrier s’est plus particulièrement distingué dans les stations thermales, en plein essor à l’époque où il a commencé sa carrière d’architecte. La bonne société parisienne se pressait en Auvergne pour prendre les eaux, donc il lui fallait de beaux hôtels et des casinos. On lui doit notamment le spectaculaire hôtel Sarciron au Mont-Dore, la pâtisserie Rozier à La Bourboule (qui attend sa renaissance, et moi aussi), la première gare du funiculaire de Charlannes (à La Bourboule), ou l’hôtel du Parc à Châtel-Guyon, pour ne citer que quelques exemples prestigieux.

Dans le petit livre, passionnant (de 1995), que je possède sur Louis Jarrier, il n’y a que deux mots et aucune photo du pont de Vendeix. Il y est rapidement fait référence à côté de la pâtisserie Rozier, dont les mosaïques ont été réalisée par les mêmes talentueux mosaïstes de l’époque, Gentil et Bourdet. C’est à la même époque, en 1920, que la pâtisserie et le pont ont été réalisés par Jarrier. Et depuis, le pont n’avait connu aucune restauration.

Il enjambe le Vendeix, petit cours d’eau qui traverse le parc Fenestre avant de se jeter, sous le pont, dans la Dordogne qui serpente dans La Bourboule. Autant dire que depuis 1920 il en avait vu passer, et les délicates mosaïques avaient payé un lourd tribu aux assauts du temps et de la météo (voir photo en bas d’article).

En 2017, la ville de La Bourboule a fait appel à la Fondation du Patrimoine pour rassembler le budget de 25 000 € nécessaire à la restauration du pont de Vendeix, constitué de 9 bornes recouvertes de mosaïque. Par le biais d’une campagne de crowdfunding de quelques semaines, des mécènes se sont manifestés, que ce soit des entreprises privées ou des particuliers, et la Fondation du Patrimoine a bien sûr participé. J’ai fait partie des tout petits mécènes, à hauteur de quelques dizaines d’euros, ce qui m’a valu une invitation à l’inauguration officielle le 16 novembre dernier.

J’avoue avoir triché sans le vouloir, car mi-juillet, lorsque je suis venue à La Bourboule pour participer au festival Art’Air en tant que bénévole, je suis passée sur le pont et j’ai remarqué que les bornes étaient flambant neuves. Il ne manquait que la plaque en hommage aux donateurs, révélée le 16 novembre. La restauration a donc eu lieu quelques jours avant mon passage cet été (voir l’article de La Montagne) et c’est une vraie réussite. C’est délicat, coloré, et le parti pris esthétique de Jarrier, désormais bien visible, particulièrement réjouissant comparé aux créations contemporaines : des fleurs, du doré, plusieurs nuances de bleu, de blanc, d’ocre et même un truc qui ressemble à un attrape-rêve. Comme le disait François Constantin, maire de La Bourboule, dans son discours, on a l’envie irrésistible d’y passer la main lorsqu’on marche sur le pont, ce que j’ai fait dès mon arrivée, malgré la rosée perlant sur la mosaïque.

Je suis vraiment ravie d’avoir modestement contribué à ce projet et mon nom est gravé sur la plaque au bout du pont, me permettant de passer à la postérité.

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Septembre 2015, avant restauration

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Un commentaire

  1. Pingback: Playlist de novembre | The magic orange plastic bird said...

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