La traversée du temps

Note initialement publiée le 29 janvier 2009

Makoto est au lycée et n’aime pas trop les cours. Elle préfère jouer au base-ball avec ses deux amis. Un jour, alors qu’elle range des affaires dans un labo du lycée, seule, il lui arrive un truc bizarre. Elle n’y prête pas plus attention et poursuit son existence insouciante. Et puis le soir, c’est le drame. Ou presque. Son vélo n’a plus de freins et elle file droit sur un passage à niveau fermé. Le vélo bute, Makoto s’envole, le train arrive et…elle reprend conscience un peu plus haut dans la rue. Sauf que lorsqu’elle reprend conscience, le train n’est pas encore passé. Elle n’est donc pas morte. Elle a remonté le temps.

La jeune fille va vite comprendre l’intérêt d’un tel pouvoir et en user et en abuser pour tout et n’importe quoi. À commencer par aller manger le flan que sa petite sœur a englouti en son absence. Mais au fur et à mesure, Makoto se rend compte que ses bonds dans le temps peuvent avoir des conséquences parfois importantes sur la vie de ses amis. Et ça va mal tourner. Ou presque.

Ce film d’animation japonais de Mamoru Hosoda, sorti en 2007, est graphiquement très joli. Les décors sont particulièrement soignés, avec un souci du détail qui donne envie de revoir le film juste pour s’y attarder. On retrouve le classique contexte du lycée et des adolescents, si souvent mis en scène dans les séries manga. Ce genre de film d’animation peut parfois décontenancer par la naïveté qui s’en dégage. Cependant, il y a souvent deux degrés de lecture avec d’un côté l’histoire et ses rebondissements, et de l’autre une sorte d’allégorie sur un thème universel. Dans La traversée du temps, le thème c’est évidemment…le temps. Le temps qui passe et ce qu’on en fait. Le temps qui passe et qui nous fait faire des choses qu’on regrette ensuite. Et si on pouvait revenir en arrière? Tout le monde a souhaité un jour pouvoir revenir en arrière. Pour empêcher un malheur, pour provoquer une rencontre, pour éviter une conversation aux conséquences irrémédiables…Mais on ne pense jamais aux dommages collatéraux que pourrait occasionner le pouvoir de revenir en arrière. Ce que nous faisons et ce que nous disons ne nous implique pas seulement nous. Ça implique également les gens que nous côtoyons et modifier les choses à notre avantage peut être un désavantage pour d’autres. Et Makoto a failli en faire l’expérience très douloureuse.

La morale du film, c’est que Makoto aurait mieux fait de laisser les choses suivre leur cours naturel. Mais son expérience lui a aussi permis d’apprendre à écouter les autres. Un mal pour un bien.

 

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