Miraï, ma petite sœur

miraiCe dernier long métrage de Mamoru Hosoda récolte des critiques dithyrambiques depuis sa sortie en France mais malheureusement, j’ai été plutôt déçue. Voire très déçue.

Après La traversée du temps, Summers Wars, Les enfants loups Ame & Yuki, Le garçon et la bête, j’avais particulièrement hâte de retrouver ce réalisateur et son univers passionnant mais pour moi, Miraï n’a pas le souffle, et encore moins la poésie, des précédents films, loin de là.

Pourtant on retrouve les thématiques chères à Hosoda : la famille, la transmission, saupoudrées de fantastique.

Nous découvrons une petite famille japonaise dans un joli quartier résidentiel. Il y a papa, architecte, maman qui a un travail également (c’est important, j’y reviendrai), Yukko, le chien et Kun, le petit garçon de 4 ans qui adore les trains. Kun attend fébrilement le retour de ses parents car sa maman vient d’accoucher d’une petite fille. Il découvre donc ce petit bébé aussi fragile qu’envahissant vu que Kun n’est désormais plus le centre de toutes les attentions. Il va donc piquer crise sur crise pour se faire entendre. Sauf qu’à chaque grosse crise, il va se retrouver à traverser le patio qui mène à sa salle de jeu, et se faire happer dans un monde parallèle où il va rencontrer des membres de sa famille, du passé comme du futur. A commencer par Yukko le chien, sous les traits d’un prince capricieux qui lui aussi a perdu son titre de roi de la maison… à l’arrivée de Kun. Chacun son tour ! Puis sa petite soeur, devenue adolescente, son arrière-grand-père, sa mère lorsqu’elle était enfant… Bref, Kun parcourt son arbre généalogique (il y a un arbre providentiel dans le patio), discute avec les uns et les autres, apprend de leur vécu, et en tire des leçons qui vont l’aider à mieux accepter l’arrivée de Miraï (qui veut dire “avenir”) et à s’intégrer dans cette nouvelle construction familiale.

Il y a presque dans ce film une unité de lieu, la maison, bizarrement conçue par le papa architecte, mais plutôt sympathique. Sympathique mais étouffante du coup, s’il on excepte les “sorties” dans le monde parallèle et une ou deux sorties dans le monde réel. Et puis on peut relever un point notable dans ce film : la conception de la famille et de la répartition des rôles. Je ne vous apprends rien en vous disant qu’au Japon c’est encore très patriarcal, les jeunes femmes quittent souvent leur travail lorsqu’elles se marient, afin d’élever les enfants, et l’éducation de ceux-ci leur est dévolue. Dans Miraï, c’est un petit coup de pied bien senti que Hosoda envoie dans cette société un poil sexiste. Le papa est freelance donc travaille à la maison tandis que son épouse reprend le sien rapidement après l’accouchement. C’est lui qui se retrouve donc à devoir gérer les tâches du quotidien et son épouse ne se gêne pas pour lui faire comprendre qu’il ne sait rien faire correctement et qu’il a intérêt à apprendre vite, avec deux enfants en bas âge à gérer. Rien que pour ça, ce film est intéressant car franchement progressiste.

Pour le reste du scénario, on peut reconnaître que les situations vécues sont particulièrement réalistes, tant au niveau des débats entre les parents qu’au niveau des crises de jalousie de Kun, mais tout ceci est bien terre à terre, bien loin de l’univers onirique des précédents films et de leur souffle poétique. Je lis ici et là les louanges au sujet de la précision des attitudes des enfants, au sujet du thème de la famille, certes mais bon… je n’attends pas un documentaire sur la vie de Mamoru Hosoda. Malgré les parenthèses fantastiques qui se succèdent à un rythme trop régulier, tout ceci est beaucoup trop réaliste à mon goût mais si vous avez des enfants caractériels et jaloux, vous pouvez leur montrer ce film et ça devrait pouvoir aider (peut-être).

Autre point positif pour terminer : la qualité du graphisme. Mais rien d’étonnant à cela, Hosoda nous y a désormais habitués. Les scènes de la vie quotidienne sont pleines de délicatesse et de précision et certains plans, notamment à la fin dans la gare (rêvée, pas réelle), sont impressionnants de maîtrise.

2 Commentaires

  1. lili france

    Je connais quelqu’un (et toi aussi ) qui aurait bien besoin de voir ce film !

  2. Pingback: Playlist de décembre | The magic orange plastic bird said...

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