Le garçon et la bête

On ne change pas une équipe qui gagne… Le cinéma Les Ambiances, l’association Japon-Auvergne Nippon-Auvergne, Radio Campus avec l’émission Onde à Bulles et la librairie Momie ont de nouveau ligué leurs super-pouvoirs pour nous proposer une belle soirée de cinéma japonais en avant-première. Présentation du réalisateur, quelques infos sur le film et petit quizz pour faire gagner quelques cadeaux… et diffusion du film en V.O ! Merci au cinéma Les Ambiances, à Maïko de l’association Japon-Auvergne Nippon-Auvergne pour son invitation et à Radio Campus et à la librairie Momie pour cette belle soirée.

La salle était pleine. Pas très surprenant tant ce Mamoru Hosoda nous émerveille à chaque fois. Je vous invite à relire mes billets sur ses précédents longs métrages, et bien sûr à regarder ses films :

La traversée du temps

Summer wars

Les enfants loups Ame et Yuki

C’est d’ailleurs en relisant mes articles (je n’ai pas revu ces films depuis un petit moment) que je me suis rendu compte que Hosoda était en train de construire une filmographie aux thématiques récurrentes, particulièrement réjouissantes. Famille, éducation, mondes parallèles… des sujets inépuisables et propices à de belles histoires. 

garconbete2Ren est un petit garçon de 9 ans, dont la maman vient de décéder accidentellement. Sans nouvelles de son père, divorcé, sa famille s’apprête à le recueillir mais pour Ren c’est hors de question. Il s’enfuit. Alors qu’il erre dans le quartier de Shibuya à la nuit, il croise le chemin d’une drôle de créature, aussi effrayante qu’intriguante. Il décide de la suivre malgré tout et s’engouffre dans un passage vers un monde parallèle, Jutengai. Ici le monde est peuplé d’animaux vivant comme les humains, avec une bonne dose de magie en plus. Kumatetsu, un ours, la bête effrayante, découvre que le jeune garçon l’a suivi. Ça tombe bien, il a justement besoin d’un disciple pour pouvoir prétendre au trône de seigneur et remplacer l’actuel, en attendant que ce dernier trouve en quoi il souhaite se réincarner. Pour cela il devra vaincre le grand Iuzen au combat.

garconbete

Le garçon, rebaptisé Kyuta, et la bête débutent une relation tumultueuse de maître à élève, de père de substitution à fils. Des engueulades, des courses-poursuites, des combats, des tâches ménagères et la construction d’un lien indéfectible entre ces deux têtes de mule blessées par la vie. Ren devenu un jeune homme, le voilà fin prêt à rejoindre le monde des humains et à construire sa vie.

Ce film est une fable sensible sur la parentalité, pourvue de nombreuses nuances. Ren choisit qui va faire son éducation et, entre une famille antipathique et une bête irascible, il préfère celle qui lui permettra de devenir plus fort, au sens propre comme au sens figuré bien sûr. Ren va également donner sa confiance à Kaede, une jeune fille du monde des humains qui va lui apprendre la culture et l’apprentissage des sentiments. Cette jeune fille est, à l’inverse de Ren, couvée par des parents trop aimants. Elle cherche à se libérer de cette emprise qui lui pèse chaque jour un peu plus. Sévérité ou amour trop exigeant, il n’y a pas de différence tant que les aspirations sont étouffées et que la souffrance est poignante. Pour Hosoda, car on retrouve cette notion d’éducation « libre » et bienveillante dans Les enfants loups Ame et Yuki, la construction de chacun de nous passe par l’éducation des parents, biologiques ou adoptifs, mais aussi des « maîtres » qu’on se choisit tout au long de notre vie, et surtout par notre chemin personnel. Hosoda nous démontre également les ravages du mensonge sur des enfants qui grandissent avec « un vide » dans la poitrine. Les enfants à qui on a menti « pour leur bien » devront ici lutter contre des démons bien plus grands que ceux de la vérité nue.

Pour servir cette jolie fable oscillant sans cesse entre émotion et éclats de rire, Mamoru Hosoda nous livre une nouvelle fois un univers onirique au graphisme ultra soigné. Les personnages secondaires sont particulièrement bien travaillés, attachants et drôles. Vous tomberez tous amoureux de Chico, la petite souris blanche qui n’a pas de rôle déterminant dans l’histoire mais dont la bouille et les couinements sont absolument irrésistibles en toutes circonstances. On passera sur la crédibilité de sa…hem… longévité exceptionnelle. On s’en fout, c’est un monde magique, les souris de compagnie sont éternelles.

chico

4 Commentaires

  1. Je ne pensais pas aller le voir mais maintenant je me tâte sérieusement ^^

  2. Pingback: Le Garçon et la Bête | La tête en claire

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