L’enlèvement au sérail / Les coulisses – épisode 2

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Un opéra c’est… une partition

Un opéra c’est… des chanteurs

Un opéra c’est… une mise en scène

Un opéra c’est… des répétitions

Un opéra c’est… un lieu, des décors, des costumes

Un opéra c’est… un public

Suite de ma découverte des répétitions de L’enlèvement au sérail, de Mozart, monté à Clermont avant une tournée de plusieurs dates en France. Après une première répétition à La Diode, j’ai assisté à une autre séance à la Maison de la culture, puis à l’opéra. L’échéance se rapproche. Avant la générale du 9 janvier, à laquelle j’aurai le privilège d’assister, voici le deuxième épisode de ces coulisses.

🎼

Un opéra c’est… mettre en scène la partition, le texte et les chanteurs-comédiens

Emmanuelle Cordoliani à la mise en scène. Une personnalité exaltée, attentive, et, j’ai été surprise, pas vraiment stressée, ou alors elle le cache bien. Je m’attendais, je l’avoue, à trouver une équipe très concentrée, pressée par le temps, exigeante sur la discipline autant qu’on peut imaginer l’être dans le domaine de la musique classique de très haut niveau, et pas forcément disposée à accorder du temps à quelques gonzesses venues l’observer dans son travail. Bon et bien en fait j’ai observé pendant des heures une équipe détendue, souriante, voire riante, et une Emmanuelle Cordoliani particulièrement vigilante à nous apporter, à Lison, Marion (les deux blogueuses qui m’accompagnent sur ce projet) et Fanny (attachée de presse du Centre lyrique), des tonnes d’explications sur ce qui était en train de se passer sous nos yeux. Un grand merci à elle pour cette généreuse disponibilité. Je vous invite à lire son blog, qu’elle tient rigoureusement depuis le début de cette aventure. 

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Victor Duclos à la chorégraphie. Le régional de l’étape, il est originaire de Clermont-Ferrand. Il connaît la partition par cœur (ou presque) et intervient pour caler la gestuelle et les déplacements des protagonistes, en concertation avec Emmanuelle Cordoliani. D’ailleurs, même s’ils ont chacun une idée précise de ce qu’ils attendent d’une scène, ils n’hésitent pas à retravailler le tout, à changer un pas, à accentuer un corps à corps. Finalement, ils découvrent une distribution faite de gens qu’ils ne connaissent pas, des grands, des petits, et il faut composer les déplacements avec ces éléments, et, pourquoi pas, avec les suggestions des chanteurs car ils en font aussi, impliqués passionnément qu’ils sont dans ce projet.

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Roberto Forès Veses à la direction de l’orchestre d’Auvergne. Alors à quelques jours de la représentation, c’est lui qui mène la danse. Le planning des répétitions c’est lui, tandis qu’Emmanuelle Cordoliani et Victor Duclos fignolent les derniers détails de mise en scène discrètement. L’orchestre d’Auvergne est planqué sous la scène de l’opéra et ne voit rien de ce qui se passe au-dessus, c’est au chef de faire en sorte que tout s’articule parfaitement avec les chanteurs. Et il faudra tout recommencer sur les dates d’Avignon et Reims, avec un autre orchestre et un autre chœur. Le chef de chant Thomas Palmer devient assistant du chef et s’assure que le rendu global est correct dans la salle. Car cet orchestre entassé sous l’estrade ne peut évidemment pas savoir ce que ça donne pour les spectateurs, il ne doit pas couvrir le chant des protagonistes. Jouer dans cet espace confiné doit être particulièrement éprouvant, notamment pour les oreilles (coucou les cuivres… ).

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Pierre Daubigny à la lumière. Lors de la première répétition à laquelle j’ai assisté, il s’est contenté d’éteindre (avec talent) les néons de la salle de répétition de La Diode lorsque nous sommes partis. Pas la meilleure démonstration de son art, le pauvre. Évidemment c’est à l’opéra qu’il donne la pleine mesure de son talent, et magnifie les personnages, costumes et décors.

Un opéra c’est… répéter

Dans le désordre. Même si ça paraît illogique, c’est parfaitement cohérent (même si pas nécessairement la règle dans le métier). Les chanteurs arrivent en sachant leur texte sur le bout des doigts, il ne leur reste donc qu’à se caler avec leurs collègues, qu’ils découvrent, avec le chef de chant, puis le chef d’orchestre. Le plus long, c’est la mise en scène… le placement, la gestuelle, les parties parlées qu’il faut insérer correctement. Quitte à commencer par les scènes finales. Ce n’est que quelques jours avant la générale que toutes les pièces du puzzle se mettent en place, et ça évite le risque de bâcler la fin. Katharine Dain nous a confié qu’aux Etats-Unis, dont elle est originaire, les répétitions se font généralement sur deux semaines. Ce long mois à Clermont lui a paru d’un confort et d’un luxe extraordinaire, lui permettant de travailler son personnage beaucoup plus en profondeur. J’ai été particulièrement estomaquée par la répétition à laquelle j’ai assisté à la Maison de la culture, lors de son dialogue avec le pacha Selim, où elle a livré, deux fois de suite, une interprétation poignante autant que saisissante. On nous a expliqué que lors des répétitions, les chanteurs pouvaient “marquer”, c’est-à-dire ne pas chanter à pleine voix pour se ménager… je ne sais pas si c’était le cas pour Katharine ce jour-là mais j’ai hâte de l’entendre sur scène, dans sa belle robe et dans son beau décor. En tout cas tout le monde a applaudi à la fin.

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Katharine optimise son temps en tricotant tandis que ses collègues répètent :)

Les répétitions se sont déroulées en différents endroits de la ville. La première semaine, la petite troupe a élu domicile à La Diode, équipement culturel étrangement paumé au milieu de la zone industrielle de La Pardieu, dans les salles du Chœur régional d’Auvergne. Comme si l’éloignement physique préservait, un peu, du stress de l’échéance. Pour la deuxième semaine, c’est à la Maison de la culture que tout s’est joué, au cœur de la ville…On se rapproche du but, on y est presque. Et enfin, l’opéra. A deux semaines de la générale, c’est ici que tout se met finalement en place. Les costumières s’affairent en coulisses, ajustent, Pierre Daubigny aux lumières peut enfin prendre place face à la scène, l’orchestre accorde ses violons (et le reste)… sans compter tous les mille et un détails à peaufiner. Que je vous raconterai dans un dernier épisode.

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A suivre :

Un opéra c’est… un lieu, des décors et des costumes

Un opéra c’est… un public, et une tournée

Dates des représentations

Jeudi 11 et lundi 15 janvier 2018 à 20h

Samedi 13 janvier 2018 à 15h

Info et billetterie http://www.centre-lyrique.com/saisonlyrique/lenlevement-au-serail

Un commentaire

  1. Patrice Duclos

    Deux articles super qui nous font ressentir la bonne ambiance qui règne durant le travail.
    J’attends avec impatience les épisodes suivants.
    Cordialement

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